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 Mariane Buyst

 Psychologue


Blog

Liens entre nutrition et psychologie

Publié le 11 septembre 2015 à 7:30

Le 2ème cerveau

Avez-vous déjà entendu parler du 2ème cerveau ? C’est ainsi qu’on appelle le système nerveux entérique. On parle d’un système nerveux autonome… qui mesure 9 mètres de long de l’œsophage à l’anus et contient 500 millions de neurones. On sait depuis longtemps qu’il assure la digestion, mais ce n’est que depuis quelques années qu’on n’envisage son impact sur le bien-être mental et physique.

Les neurones du système nerveux entérique produisent autant de dopamine que le cerveau. La dopamine est surtout connue comme l'hormone du bonheur.

De plus, il sécrète 95% de la sérotonine présente dans le corps! Un déséquilibre de la sérotonine provoque des problèmes psychologiques comme le stress, l'anxiété et la phobie ou même la dépression. Ce neurotransmetteur contrôle aussi la température corporelle et le rythme circadien, le modulateur du sommeil.

Voilà peut-être pourquoi les gras trans et autres petites douceurs nous emplissent de bonheur ! Un exemple de communication ventre – cerveau… Des expériences ont montré que des souris deviennent davantage accro au sucre qu’à la cocaïne si on leur laisse le choix…

Quand on est stressé, le système digestif produit davantage de ghréline, une hormone modulatrice de l'anxiété et la dépression... qui augmente l'appétit! Qui n'a jamais expérimenté l'effet immédiat d'un gros stress sur ses intestins?

Par sa structure et sa chimie, ce Système nerveux entérique s’apparente au cerveau et est en communication permanente celui-ci, souffrant parfois des mêmes maux. Il paraît capable de lui transmettre les siens en générant des émotions.

Selon le Pr M. Gershon (professeur au Département d’anatomie et de biologie cellulaire de l’Université de Columbia, à New York) les pathologies intestinales, comme le syndrome du côlon irritable, produirait des syndromes anxieux et névrotiques et non l’inverse! Le stress, ressenti au niveau du SNE agit directement sur la muqueuse intestinale et provoque la sécrétion de sérotonine.

Lors du tournage du documentaire ‘Super Size Me’ écrit, réalisé et mis en scène par Morgan Spurlock, ce dernier expliquait qu’il s’était senti complètement déprimé. Son épouse ne le reconnaissait plus, elle le trouvait changé, triste et taciturne. Ce qui amène à penser que la malbouffe déprime et que la déprime nous pousse à nous tourner vers des aliments réconfortants gras et sucrés. Mais on rentre ainsi dans un cercle vicieux dont il est difficile de sortir.

Quand le microbiote s’en mêle…

100.000 milliards de bactéries habitent notre système digestif. Nous avons plus d'adn bactérien que d'adn humain dans notre corps! Et nous avons besoin de ces bactéries pour vivre. Elles nous fournissent certaines vitamines et jouent un rôle dans notre immunité. On a mis en évidence le rôle de certaines bactéries dans l’obésité.

Nos intestins abritent aussi des champignons de type levure, les Candida, qui vivent en symbiose dans le système digestif. Lorsqu’il se produit une rupture d’équilibre en faveur des Candida, en cas de déséquilibre de la flore intestinale par exemple, ceux-ci se développent et cette prolifération les rendent pathogènes, entraînant une multitude de symptômes extrêmement variés et peu spécifiques.

L’une des principales causes est l’abus de sucres raffinés, le Candida aime le sucre car il se développe en milieu acide. Il est capable de produire des peptides qui stimulent l’envie de sucre. Ces peptides en se retrouvant dans le sang, perturbent le système immunitaire ainsi que fonctionnement cérébral, notamment la production de la dopamine, Ce qui peut causer des troubles psychiques tels que dépression, irritabilité, troubles de la mémoire, etc. Ce champignon peut aussi influer sur la production d’ATP, substrat énergétique indispensable au système nerveux et aux muscles. Ce qui provoque une grande fatigue, physique et mentale, retrouvée quasiment en permanence dans les formes chroniques de candidoses.

Les bactéries et autres champignons influencent donc notre comportement. De récentes découvertes amènent à penser qu’elles jouent un rôle prépondérant dans certaines formes d’autisme.

Des expériences mettent en évidence l’action des bactéries sur le comportement de leur hôte. Par exemple la bactérie de la toxoplasmose lorsqu’elle infecte la souris provoque une diminution de la peur des chats. Les souris n'ayant plus peur des chats, elles se font vite manger. A l’avantage des bactéries qui aiment vivre dans les chats !

On a pour habitude de dissocier la tête, la pensée, l’intellect du corps et de son fonctionnement… le psychique du physique. Et pourtant tout est lié ! Je me souviens d’une émission où un intervenant affirmait que face à un problème psychologique de mal être ou de dépression, on devrait toujours d’abord s’interroger sur sa façon de se nourrir. Ça pourrait éviter des années de thérapie infructueuse ! J’en suis convaincue !

Prenez soin de votre assiette… et de votre jardin intérieur !

 

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